11 septembre 2006

La maison des 15 premiers jours!

Nous sommes arrivés le 01 septembre à l'aéroport d'Ankara et c'est le chauffeur de Selen, du moins de sa famille, qui est venu nous chercher.
Les premières impressions sont mitigées: on découvre un paysage vallonné, à la limite montagnard. Mais à peine a-t-on déballé nos affaires qu'une pluie torrentielle s'abat sur la capitale.
"BIENVENUE! Ici c'est beau mais faites tout de même attention, les surprises ne sont pas toujours de bonnes surprises!".
Un avertissement en quelques sortes pour que notre engouement ne dépasse pas la réalité des choses.
Le frigo est vide, nous voilà donc partis pour effectuer notre première prise de contact dans la superette du quartier. Deux mondes se découvrent, s'observent, rigolent, s'épient, s'interrogent et finalement s'accordent sur une somme et un mode de paiement précis.
L'essentiel est là: un toit, une douche, de la bouffe et une bière...!
L'appartement nous séduit alors avec son kitch obsolète: un salon avec un canapé bouffant et bourrelé, deux places, aux accoudoirs ornementés de gravures sur bois et dont le tissu rappelle le tapis du couloir; deux fauteuils de papi où se mettre à l'aise ne suffit pas pour les emplir; une cheminée inutilisée et inutilisable en coin dont le chapeau est cuivre et dont les chaussures sont briques rouges; un équidé d'une quinzaine de centimètres la surveille épaulé par son ami de plusieurs décennies, un soliflore d'un épouvantable vert-cannette. Deux guéridons se font face et concourent au plus bel ornement: l'un arbore une dentelle de coton tâchée et l'autre une tour Eiffel vieillie et fatiguée. Et toute cette famille se réunit autour de Mère-Table-Basse aux pieds cuivre et à la poitrine de marbre, qui distille une essence imaginaire de pot-pourri, perdu ici lors d'un voyage. Le point commun de ces membres est l'inadéquation et aussi l'usé tapis rouge Bordeaux, nouveau clin d'oeil de bienvenue, qui tente tant bien que mal de dissimuler ses quelques cheveux blancs.
La salle-à-manger, opulente, est défendue par la table en bois massif, qui telle une lionne garnie de pattes musclées et proéminentes rappelle sa présence à chaque passage par un bleu considérable sur la cuisse gauche.
Il a dû falloir plus d'un mariage pour remplir l'armoire géométriquement parfaite de services en tout genres: porcelaine de Chine, de Limoges, cristal, etc. Une fois assis, les proportions sont telles que c'est la table qui nous dévore et non nous qui nous attablons. Le tout renforcé par une lampe à abat-jour qui aurait pue être accueillante si ce dernier n'avait été en papier peint défraîchi et si l'ampoule n'avait été dérobée à une table opératoire d'hôpital ultra-moderne.
On peut distinguer entre les tapis mi-Moyen-Orient mi-Renaissance que nous évoluons sur un parquet dont les lattes forment un enchevêtrement de pointes acérées dirigées dans tous les sens.
Un coffre aussi monstrueux que mystérieux est surmonté d'un miroir de quasi-plein-pied: tout deux avalent le couloir mais auraient pû lui donner de la profondeur si le vis-à-vis n'avait été une sombre série de placards marronâtres où l'on distingue aisément[...]*

*NDLR:Pour cause de déménagement ce récit s'arrête ici d'une façon aussi improbable et prompt que notre départ...

Posté par buzz le vrai à 11:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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